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Observatoire pour le Développement Socio-Économique d’Euskal Herria

Rapport Gaindegia 2009: Galerie Principale du Indicateurs

UN REGARD CRITIQUE SUR LES
INDICATEURS ÉCONOMIQUES DU PAYS BASQUE

L’année 2009 a mis en évidence que cette crise n’est pas seulement une crise économique ; il s’agit d’une crise écologique, de souveraineté alimentaire, de santé, de rapports de genre et de valeurs. Une crise du paradigme de civilisation déployé par le capitalisme, du modèle idéologique sur lequel ce dernier repose.
Nekane Jurado
Licenciée en Sciences Économiques, Sciences Actuarielles et Psychologue
Master en Finances et Administration Publique

Des valeurs qui ont fait que le Pays Basque (Euskal Herria) soit aujourd’hui une société précaire, à coups de lois. La précarisation générale des conditions de vie de la majorité de la population : immigrés, femmes, jeunes et personnes âgées, compte sur l’intervention active du secteur public et ses lois, qui laissent de nombreux travailleurs sans défense sur le marché du travail et sans protection sociale. Une réalité qui apparaît masquée dans les statistiques, qui ne parlent pas des extrêmes, de l’inégalité, raison pour laquelle l’analyse des indicateurs structurels du Pays Basque exige une approche en profondeur.

La population continue d’augmenter progressivement, grâce au solde migratoire. Les 3.089.600 personnes réparties sur tout le territoire du Pays Basque représentent une densité de 150,2 Habitants/Km2, supérieure aux 116 de l’Union Européenne. Mais ce chiffre n’est qu’une moyenne, la réalité est que 70% de la population vit dans les agglomérations urbaines des capitales basques.

Le vieillissement constant, supérieur de 1,5 points à la moyenne de l’UE, montre que 18,6% de la population est âgée de plus de 65 ans. Il s’agit du collectif le plus affecté par l’aménagement du territoire, vu que ses membres engrossent les rangs des personnes exclues de cet aménagement et qui souffrent, par conséquent, d’une exclusion spatiale par manque d’accès à la plupart des services et loisirs.

Le taux de natalité a récupéré plus d’un point, au cours de la dernière décennie, et il est actuellement de 10,26 naissances pour 1.000 habitants. Le poids du collectif de jeunes âgés de moins de 14 ans a progressé, puisqu’il représente aujourd’hui 13,38%, mais il est encore 2,3 points inférieur à la moyenne de l’UE.

Cependant, en pleine crise, les indicateurs économiques s’avèrent tout spécialement révélateurs. L’accroissement du PIB tout au long de la décennie a fait s’élever le revenu annuel par habitant au Pays Basque à 33.014, soit 33% de plus que celui de l’UE. Mais la réalité est que le SMI (8.736 €) , les pensions moyennes (12.180 €) et les 1.000 euros de salaire mensuel de nombreux collectifs (jeunes, femmes et immigrés) sont bien loin de ces chiffres. La moyenne statistique masque la grande concentration de richesse, bien supérieure au Pays Basque à celle de la plupart des pays européennes, qui empêche 34,4% des jeunes de 18-44 ans de devenir indépendants, de quitter leur foyer familial, car ne disposant pas de ressources économiques.

Sans oublier que les dépenses en protection sociale par rapport au PIB sont, au Pays Basque, 10 points en dessous de la moyenne de l’UE. Ce qui se traduit par des pensions bien inférieures et un impact sur les autres indicateurs de dépense sociale (éducation, santé, logement, famille).

La productivité s’élève à 72.361€ par employé, soit 29% de plus que la moyenne européenne. Notre économie ne souffre donc pas de faible productivité, mais de faible consommation. Et les mesures à prendre pour remédier à cette situation ne sont pas la congélation des salaires et la destruction de l’emploi, mais une répartition plus équitable des fruits de cette productivité (salaires) et la promotion de l’emploi pour encourager la consommation. .

Les dépenses en recherche et développement (R&D) représentent 1,79 % du PIB, bien loin de l’objectif européen (qui est de 3% pour 2010), bien en dessous également de la moyenne de l’UE et très éloigné de la Suède ou de la Finlande, qui investissent en R&D plus du double que le Pays Basque.

L’investissement industriel, qui est de 23,17%, malgré sa tendance à la baise, est plus élevé par rapport à l’UE, au Japon et aux États-Unis. Mais il faut rappeler que ce pourcentage comprend la totalité des investissements industriels, y compris les investissements financiers et immobiliers. Et les caractéristiques spéculatives du secteur immobilier en Espagne, et du basque en particulier, expliquent que ces investissements aient été, jusqu’à présent, plus élevés au Pays Basque que dans l’Union Européenne.

Le taux général d’emploi, qui est de 63,81% (2009), est légèrement inférieure la moyenne de l’UE, et l’emploi féminin, qui est de 56,40%, s’éloigne de la moyenne générale du Pays Basque et est inférieur à la moyenne européenne. Mais ce chiffre masque la forte dualisation de l’emploi, avec, d’une part, des secteurs protégés par des conventions collectives de travail, droits d’ancienneté, EPSV (Mutualités de Prévision Sociale), etc., et, d’autre part, un nombre croissant de travailleurs en précaire, avec des salaires et des droits beaucoup plus restreints. Le patronat semble d’ailleurs en profiter pour « assainir » ses effectifs, en se débarrassant des travailleurs du premier groupe (par des retraites anticipées, des départs volontaires, des plans sociaux) pour les remplacer (« lorsque les conditions redeviennent propices ») par des travailleurs précaires.

C’est cette dualité qui fait que la crise au Pays Basque ait détruit davantage d’emplois que dans l’Union Européenne et que le taux de chômage, qui était en dessous de celui de l’UE, ait doublé en deux ans le taux européen, qui va se traduire en 2009 par un taux d’emploi (général et féminin) inférieur à celui de l’UE. Et ce, malgré un taux de formation en science et technologie (22,87% en 2006) supérieur à celui de la moyenne de l’Union Européenne.

Il est toutefois curieux de constater que parmi le collectif des 55 à 65 ans, le taux de chômage (44,69%) est pratiquement inférieur d’un tiers à la moyenne (préretraités, chômeurs de longue durée). Ce qui montre que - en ce moment de débat sur les pensions – l’incorporation au travail de ce collectif permettrait de percevoir davantage d’impôts que la prolongation de 2 ans de l’âge de départ à la retraite.

Au document Pdf outre l'analyse la galerie principale d'indicateurs actualisés.

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