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Docteur en Économie. Professeur de l´UPV |
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La crise
du système financier mondial, qui touche notamment la filière
automobile et de la construction, les problèmes structurels mis en
évidence, les lacunes et les erreurs de la politique économique et
la nécessité de mettre en place des plans d’aide au secteur public
ont modifié la scène économique. L’économie basque vit, en effet,
une récession aussi significative que celle de nos économies
voisines et que les indicateurs des prochaines années mettront en
relief. Reste à savoir quelle sera son envergure (plus ou moins grande)
et quand apparaîtront les premiers signes de récupération. Dès
lors, l’interprétation des données n’est guère facile, mais nous devons
poursuivre notre tâche sans laisser tomber les bras.
Les premiers indicateurs analysent l’évolution
expérimentée par la population. En 2008, il n’y
avait au Pays Basque guère plus de 3 millions d’habitants,
soit un accroissement de 6% para rapport
au début du siècle. Malgré un taux de natalité de
9,8 pour mille habitants en 2006, la population
basque ne cesse de vieillir (les personnes âgées de
plus de 65 ans représentent 18,8% de la population
totale), à tel point qu’elle est la plus vieille d’Europe
(16,7%). Une situation quelque peu amortie par
un solde positif, grâce à l’augmentation de 145.745
habitants expérimentée par le Pays Basque au cours
de la dernière décennie.
Pour ce qui est de la productivité
au Pays Basque, elle est supérieure à celle des États-
Unis, avec un accroissement de 7 points entre 2004 et 2007. Par
ailleurs, l’accroissement des exportations et des importations
témoigne de la capacité compétitive et d’expansion de l’économie
basque. Ainsi, en un an, les exportations ont augmenté
de 7,8% par rapport au PIB et les importations de 7,4%. La dépendance
vis-à-vis de l’extérieur, qui s’accentue en période de
crise, risque cependant de fragiliser et d’altérer ces solides fondements
économiques. L’investissement industriel basque,
quant à lui, représentait un quart du PIB en 2004 et les dépenses en R&D s’élevaient à 1,6% du PIB en 2006, proche du niveau de
l’Union Européenne. Malgré ces chiffres positifs, nous ne disposons
pas d’informations sur les applications réelles en matière
d’innovation. Il faudrait, pour ce faire, analyser les engagements
souscris par les entreprises, les universités et les entités pour
renforcer et promouvoir l’innovation.
En matière de travail, la situation était meilleure durant
la période 2005-2007. Le taux d’emploi s’élevait à 68,3%, dépassant
ainsi de 1,7 points l’objectif fixé par la Convention de
Lisbonne. Actuellement, il est plus proche de celui des États-
Unis et du Japon. Et le taux d’emploi des femmes était également
similaire à celui de ces deux pays : 58,6%. Le taux de chômage,
en général et des femmes également, avait baissé de
4%, représentant ainsi une considérable amélioration par rapport
aux années précédentes. Dans l’Union Européenne, le
taux de chômage était supérieur à 7%, en 2007 et, en 2004, le
Pays Basque frôlait la pauvreté, avec 15,4% de demandeurs
d’emploi.
Quant à la couverture sociale offerte par les instituions, elle
est encore bien pauvre et loin des niveaux européens (7,3 points
du PIB). L’avenir ne semble donc guère prometteur et il faut s’attendre
à de gros nuages , qui influeront nécessairement sur tous
ces indicateurs.
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