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Rapport Gaindegia 2008: Prologue

Pays Basque en matière de Recherche, de Développement et d’Innovation

Entre ses cours à l’Université du Pays Basque et l’exercice de ses fonctions comme Présidente du Comité Exécutif de la Fondation Ikerbasque, Mme Mari Karmen Gallastegui nous consacre quelques minutes pour nous donner son opinion au sujet de l’importance de la Recherche, du Développement et de l’Innovation au pays Basque et leur avenir dans notre société.
Mme Mari Karmen Gallastegui
Présidente du Comité Exécutif de la Fondation Ikerbasque

Concernant la situation actuelle de la recherche au Pays Basque, Mme Gallastegui considère qu’elle est indispensable et davantage en période de crise.

La recherche en soi me semble fondamentale. Mais au Pays Basque, il s’avère indispensable, et davantage en période de crise, de faire un effort pour revaloriser la connaissance, selon la « terminologie moderne ». Pour moi, la connaissance est déjà précieuse en soi, mais si elle peut, en outre, servir à résoudre à court terme des problèmes concrets dans des domaines d’intérêt si différents, tels que la computation, la biomédecine, l’économie, la chimie, l’environnement… nul doute que le bénéficie social sera accru. Nombreuses sont les opportunités dans ce domaine, grâce notamment à deux facteurs : les centres technologiques et le système universitaire basque.

Quant aux points forts et points faibles dans ce domaine, Mme Gallastegui tient à souligner notre grand potentiel en sciences expérimentales, tout en regrettant le peu d’intérêt que nous accordons aux Humanités et aux Sciences Sociales.

Nous sommes, certes, plus forts en sciences expérimentales, mais nous devons nous efforcer de faire en sorte que les Humanités et les Sciences Sociales bénéficient également des avantages que représente le fait de compter sur des chercheurs d’Ikerbasque intégrés dans les centres et groupes de recherche. Les CIC comme le Biogune, le Nanogune ou les Centres mixtes du CSIC/UPV-EHU constituent des éléments d’attraction très puissants. Mais ce type de centres n’existent pas dans le domaine des Sciences Sociales et des Humanités et c’est bien dommage. Il convient d’intervenir en la matière. L’excellence attire l’excellence et si l’on dispose de moyens, d’équipements, d’installations, cette attraction est encore plus forte.

(…) À court terme, l’enjeu est d’arriver à attirer 100 chercheurs excellents, qui décident de quitter leur poste de travail et leur lieu de résidence pour venir vivre et travailler au Pays Basque. Une tâche qui n’est guère facile, mais cependant faisable, si l’on arrive à conjuguer les offres de l’extérieur et les demandes des groupes et des centres de recherche de notre Pays. Nous tenons, en outre, à créer de nouveaux BERC (Centres de Recherche d’Excellence), en contact avec le système universitaire basque et travaillant dans des domaines de recherche puissants et utiles pour le monde industriel, culturel et de la connaissance.

Ikerbasque peut devenir l’un des moteurs de recherche au pays Basque, mais certains chercheurs basques semblent sceptiques à l’égard de cette Fondation.

Je crois que la plupart ont très bien accueilli l’idée, d’autres sont dans l’expectative. D’aucuns pensent, avec raison, qu’Ikerbasque doit non seulement attirer des chercheurs, mais être capable de guider les chercheurs locaux et de retenir les excellents, pour qu’ils ne partent pas dans d’autres centres ou d’autres pays. Ikerbasque est conscient de cette problématique. (…) Ikerbasque accueille tous les chercheurs retenus par les Comités d’Évaluation, indépendamment de leur origine, ce qui n’empêche que nous apprécions tout spécialement que des chercheurs Basques (des sept territoires) souhaitent travailler à Ikerbasque, soient reçus aux examens et collaborent avec nous. Faire en sorte que des chercheurs basques, qui ont travaillé dans d’autres centres et universités du monde entier retournent au Pays Basque est un grand enjeu et nous ne pouvons que nous réjouir lorsque nous atteignons cet objectif.

Réflexion sur l’année et demie qui s’est écoulée depuis la création d’Ikerbasque :

Nous avons atteint les objectifs que nous nous étions fixés, puisque nous sommes arrivés à attirer 75 chercheurs, la plupart à caractère permanent. Nous avons été capables de créer trois BERC qui, nous en sommes sûrs, vont transformer la recherche dans les domaines visés : le Réchauffement Climatique (BC3), les Mathématiques Appliquées (BCAM) et le BCBL (Brain, Cognition and Language). Une politique que nous allons poursuivre en 2009 : attirer des chercheurs et créer de nouveaux BERC ou Unités d’Excellence Ikerbasque dans les universités du Pays.

La formation d’un chercheur doit cependant tenir compte de deux facteurs essentiels : le temps et la mobilité.

Former un chercheur prend, en effet, beaucoup de temps, bien que les programmes officiels prétendent créer des Doctorats en 3 ou 4 ans. Devenir chercheur c’est très compliqué et apprendre à l’être prend énormément de temps et exige un effort considérable. Nous comptons sur de jeunes chercheurs fantastiques, mais certains ne veulent pas sortir du Pays, ce qui est inconcevable dans le monde global où nous vivons pour devenir un chercheur de premier niveau ou excellent. La mobilité est indispensable pour un chercheur. Il faut encourager les jeunes à voyager et, ensuite, leur offrir des contrats, une ambiance et un contexte suffisamment attractifs pour qu’ils souhaitent revenir.

Pour Mme Gallastegui, la voie à suivre est claire.

Il nous faut, bien entendu, atteindre les objectifs de l’Agenda de Lisbonne et répondre aux attentes. Je suis consciente que, actuellement, avec la crise, le chômage, la crainte et l’incertitude face à l’avenir, il ne sera guère facile de faire comprendre que cela vaut la peine d’investir dans le domaine, abstrait pour d’aucuns, de la recherche et de la connaissance. Mais c’est l’occasion idéale pour mieux tirer profit, ensuite, de la période de récupération qui s’en suivra, pour nous préparer à affronter la prévisible future expansion de l’économie. Notre investissement en R&D&I ne devrait pas être inférieur à celui de nos pays voisins. Car c’est la voie qui mène à la prospérité.

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