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Présidente du Comité Exécutif de la Fondation Ikerbasque |
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Concernant la situation actuelle de la recherche
au Pays Basque, Mme Gallastegui
considère qu’elle est indispensable et davantage
en période de crise.
La recherche en soi me semble fondamentale.
Mais au Pays Basque, il s’avère indispensable,
et davantage en période de crise,
de faire un effort pour revaloriser la
connaissance, selon la « terminologie moderne
». Pour moi, la connaissance est déjà
précieuse en soi, mais si elle peut, en outre,
servir à résoudre à court terme des problèmes
concrets dans des domaines d’intérêt si différents,
tels que la computation, la biomédecine,
l’économie, la chimie, l’environnement…
nul doute que le bénéficie social sera
accru. Nombreuses sont les opportunités dans
ce domaine, grâce notamment à deux facteurs
: les centres technologiques et le système universitaire
basque.
Quant aux points forts et points faibles dans ce domaine, Mme
Gallastegui tient à souligner notre grand potentiel en sciences
expérimentales, tout en regrettant le peu d’intérêt que nous
accordons aux Humanités et aux Sciences Sociales.
Nous sommes, certes, plus forts en sciences expérimentales,
mais nous devons nous efforcer de faire en sorte que les
Humanités et les Sciences Sociales bénéficient également des
avantages que représente le fait de compter sur des chercheurs
d’Ikerbasque intégrés dans les centres et groupes de
recherche.
Les CIC comme le Biogune, le Nanogune ou les
Centres mixtes du CSIC/UPV-EHU constituent des
éléments d’attraction très puissants. Mais ce type
de centres n’existent pas dans le domaine des
Sciences Sociales et des Humanités et c’est bien
dommage. Il convient d’intervenir en la matière.
L’excellence attire l’excellence et si l’on dispose
de moyens, d’équipements, d’installations, cette
attraction est encore plus forte.
(…) À court terme, l’enjeu est d’arriver à attirer
100 chercheurs excellents, qui décident de
quitter leur poste de travail et leur lieu de résidence
pour venir vivre et travailler au Pays
Basque. Une tâche qui n’est guère facile, mais cependant
faisable, si l’on arrive à conjuguer les
offres de l’extérieur et les demandes des groupes
et des centres de recherche de notre Pays. Nous
tenons, en outre, à créer de nouveaux BERC
(Centres de Recherche d’Excellence), en contact avec le système
universitaire basque et travaillant dans des domaines de recherche
puissants et utiles pour le monde industriel, culturel et
de la connaissance.
Ikerbasque peut devenir l’un des moteurs de recherche au pays
Basque, mais certains chercheurs basques semblent sceptiques
à l’égard de cette Fondation.
Je crois que la plupart ont très bien accueilli l’idée,
d’autres sont dans l’expectative. D’aucuns pensent, avec raison,
qu’Ikerbasque doit non seulement attirer des chercheurs,
mais être capable de guider les chercheurs locaux et de retenir
les excellents, pour qu’ils ne partent pas dans d’autres centres ou d’autres
pays. Ikerbasque est
conscient de cette problématique.
(…) Ikerbasque
accueille tous
les chercheurs retenus
par les Comités d’Évaluation,
indépendamment
de leur origine,
ce qui n’empêche que
nous apprécions tout
spécialement que des
chercheurs Basques
(des sept territoires)
souhaitent travailler à
Ikerbasque, soient reçus
aux examens et collaborent avec nous. Faire en sorte que
des chercheurs basques, qui ont travaillé dans d’autres centres
et universités du monde entier retournent au Pays Basque est
un grand enjeu et nous ne pouvons que nous réjouir lorsque
nous atteignons cet objectif.
Réflexion sur l’année et demie qui s’est écoulée depuis la création
d’Ikerbasque :
Nous avons atteint les objectifs que nous nous étions fixés,
puisque nous sommes arrivés à attirer 75 chercheurs, la plupart
à caractère permanent. Nous avons été capables de créer trois
BERC qui, nous en sommes sûrs, vont transformer la recherche
dans les domaines visés : le Réchauffement Climatique (BC3),
les Mathématiques Appliquées (BCAM) et le BCBL (Brain, Cognition
and Language). Une politique que nous allons poursuivre en
2009 : attirer des chercheurs et créer de nouveaux BERC ou Unités
d’Excellence Ikerbasque dans les universités du Pays.
La formation d’un chercheur doit cependant tenir compte de
deux facteurs essentiels : le temps et la mobilité.
Former un chercheur prend, en effet, beaucoup de temps,
bien que les programmes officiels prétendent créer des Doctorats
en 3 ou 4 ans. Devenir chercheur c’est très compliqué et apprendre
à l’être prend énormément de temps et exige un effort
considérable. Nous comptons sur de jeunes chercheurs fantastiques,
mais certains ne veulent pas sortir du Pays, ce qui est inconcevable
dans le monde global où nous vivons pour devenir
un chercheur de premier niveau ou excellent. La mobilité est
indispensable pour un chercheur. Il faut encourager les jeunes
à voyager et, ensuite, leur offrir des contrats, une ambiance et
un contexte suffisamment attractifs pour qu’ils souhaitent revenir.
Pour Mme Gallastegui, la voie à suivre est claire.
Il nous faut, bien entendu, atteindre les objectifs de l’Agenda
de Lisbonne et répondre aux attentes. Je suis consciente que,
actuellement, avec la crise, le chômage, la crainte et l’incertitude
face à l’avenir, il ne sera guère facile de faire comprendre
que cela vaut la peine d’investir dans le domaine, abstrait pour
d’aucuns, de la recherche et de la connaissance. Mais c’est l’occasion
idéale pour mieux tirer profit, ensuite, de la période de
récupération qui s’en suivra, pour nous préparer à affronter la
prévisible future expansion de l’économie. Notre investissement
en R&D&I ne devrait pas être inférieur à celui de nos pays voisins.
Car c’est la voie qui mène à la prospérité.
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